Attestation de stage en Algérie : qui la délivre, que doit-elle contenir ?
L'attestation de stage est le document par lequel l'organisme d'accueil certifie qu'une personne a effectué un stage chez lui, à quelles dates, dans quel service et sous quel encadrement. Pour un étudiant dont le stage est prévu par son cursus, le décret exécutif n° 13-306 du 31 août 2013 prévoit un modèle officiel signé à la fois par l'université et par l'organisme d'accueil. Pour les autres stages (stage volontaire, stage d'été, stage hors convention), aucun modèle n'est imposé : une attestation libre, signée et cachetée par l'employeur, suffit dans la plupart des cas.
Qui délivre l'attestation de stage ?
C'est l'organisme d'accueil qui la délivre : l'entreprise, l'administration, l'hôpital, le cabinet ou l'association où le stage a eu lieu. Le signataire est normalement une personne qui a autorité pour engager la structure : directeur, responsable des ressources humaines, chef de service. Le maître de stage (l'encadrant) peut la viser, mais une attestation signée uniquement par un collègue sans fonction de responsabilité risque d'être contestée.
Le cachet humide de l'organisme reste, en pratique, attendu par la quasi-totalité des administrations et des universités algériennes. Une attestation sans cachet est souvent renvoyée, même si elle est parfaitement rédigée.
Le stagiaire n'a pas à rédiger lui-même le document, mais il peut faciliter les choses en préparant un projet complet que le service n'aura plus qu'à vérifier, imprimer sur papier à en-tête et signer. C'est souvent ce qui fait gagner plusieurs jours.
Stage d'étudiant : ce que prévoit le décret n° 13-306
Le décret exécutif n° 13-306 du 31 août 2013 (Journal officiel n° 45 du 18 septembre 2013) organise les stages pratiques et en milieu professionnel des étudiants de l'enseignement supérieur. Il pose plusieurs règles utiles à connaître avant de commencer le stage.
- Le stage fait partie du cursus et il est obligatoire dans les spécialités concernées (article 2).
- Les modalités pratiques font l'objet d'une convention entre l'établissement d'enseignement et l'organisme d'accueil, selon un modèle annexé au décret (article 6) : plan de travail, thèmes, encadrants, dates, durée, lieux, effectifs.
- Le stagiaire est placé sous l'autorité d'un responsable désigné et il est soumis au règlement intérieur de l'organisme d'accueil (article 7).
- Il doit déposer auprès de la structure d'accueil un exemplaire des résultats de ses travaux (article 9).
- Les stagiaires bénéficient d'une couverture d'assurance sociale (article 13). Selon le modèle de convention, en cas d'accident, c'est l'organisme d'accueil qui fait la déclaration d'accident du travail et en transmet une copie à l'université.
- Un certificat de stage est délivré à l'étudiant à la fin du stage, selon le modèle annexé au décret (article 14).
Convention de stage : à signer avant le premier jour
Pour un stage universitaire, la convention se signe avant le début du stage, pas à la fin. Elle est généralement retirée auprès du département ou du service des stages de la faculté, remplie, puis signée par le doyen (ou son représentant) et par le responsable de l'organisme d'accueil. Chaque université adapte le modèle officiel : certaines indiquent les dates exactes, d'autres une période (par exemple de février à avril) et un rythme de présence.
Gardez une copie de la convention signée. Si l'attestation finale tarde ou comporte une erreur, c'est la convention qui prouve que le stage était prévu et accepté par les deux parties. Elle sert aussi en cas d'accident pendant le stage.
Les mentions indispensables d'une attestation de stage
Le modèle officiel annexé au décret 13-306 mentionne le responsable du stage, l'identité de l'étudiant (nom, date et lieu de naissance), l'établissement où il est inscrit, la filière, l'organisme d'accueil et la période du stage, avec la double signature du responsable de l'établissement d'enseignement et du responsable de l'organisme d'accueil. Pour une attestation libre, reprenez au minimum les éléments suivants :
- la raison sociale ou la dénomination exacte de l'organisme, idéalement sur papier à en-tête avec adresse ;
- le nom et la fonction du signataire ;
- le nom et prénom complets du stagiaire, tels qu'ils figurent sur sa pièce d'identité ;
- les dates de début et de fin, en toutes lettres ou au format jj/mm/aaaa ;
- le service ou la direction d'affectation ;
- le nom de l'encadrant ;
- l'objet ou le thème du stage, si le stage a servi à préparer un mémoire ou un rapport ;
- le lieu et la date de délivrance, la signature et le cachet.
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Créer le documentErreurs fréquentes qui font refuser le document
- Des dates qui ne correspondent pas à celles de la convention : le service de scolarité compare les deux.
- Un nom transcrit différemment de la carte d'identité (Mohamed / Mohammed, ordre nom-prénom inversé) : cela pose problème pour un dossier de concours ou de visa.
- Une attestation datée d'avant la fin du stage : elle atteste alors d'une période qui n'est pas encore écoulée.
- L'absence de cachet ou une signature d'une personne sans qualité.
- Une formulation vague (« a été parmi nous ») au lieu d'indiquer clairement la nature du stage, le service et la période.
Attestation de stage ou attestation de travail : quelle différence ?
L'attestation de travail concerne un salarié lié à l'employeur par une relation de travail régie par la loi n° 90-11 du 21 avril 1990 : elle mentionne un poste, une date de recrutement et, souvent, la situation actuelle du salarié. Le stagiaire étudiant, lui, est accueilli dans le cadre de sa formation et d'une convention avec son établissement ; il n'occupe pas un poste et n'est pas recruté.
Les deux documents ne sont donc pas interchangeables. Une attestation de stage ne peut pas être présentée comme une expérience salariée, et un employeur ne doit pas délivrer une attestation de travail à quelqu'un qui n'a été que stagiaire. Si, après le stage, vous êtes embauché, c'est une attestation de travail puis, à la fin du contrat, un certificat de travail (article 67 de la loi 90-11) qui prendront le relais.
Et les dispositifs d'insertion de l'ANEM (DAIP) ?
Les jeunes diplômés placés par l'Agence nationale de l'emploi (ANEM) dans le cadre du dispositif d'aide à l'insertion professionnelle (DAIP) ne sont pas dans la même situation qu'un stagiaire étudiant : ils relèvent d'un contrat d'insertion géré par l'ANEM et les directions de l'emploi de wilaya, avec ses propres règles et ses propres documents. Le décret 13-306 ne s'applique pas à eux.
Pour prouver une période effectuée dans ce cadre, demandez à la fois une attestation à l'organisme employeur et les justificatifs délivrés par l'agence ANEM qui a suivi votre dossier. Les conditions de ces dispositifs ont évolué au fil des réformes : renseignez-vous directement auprès de votre agence plutôt que de vous fier à des informations anciennes.
Rédiger l'attestation pas à pas
Une formulation simple fonctionne partout : « Je soussigné(e) [nom], en qualité de [fonction] au sein de [organisme], atteste que [nom du stagiaire] a effectué un stage au sein de notre structure du [date] au [date], au service [service], sous l'encadrement de [nom], portant sur [thème]. Cette attestation est délivrée à l'intéressé(e) pour servir et valoir ce que de droit. »
Le générateur d'attestation de stage de Chahadti reprend exactement cette structure en français, en arabe ou en anglais : vous remplissez les champs, ajoutez si besoin la signature et le cachet scannés, et obtenez un PDF prêt à imprimer. Pour un stage universitaire sous convention, il reste prudent de vérifier si votre faculté exige son propre formulaire officiel, à faire signer par les deux parties.
Questions fréquentes
Mon université exige-t-elle obligatoirement le modèle officiel ?
Pour un stage prévu par le cursus et couvert par une convention, le décret 13-306 prévoit un certificat de stage selon un modèle annexé, signé par l'établissement d'enseignement et par l'organisme d'accueil. Beaucoup de facultés fournissent ce formulaire déjà prérempli. Renseignez-vous auprès du service des stages avant de faire signer quoi que ce soit, pour éviter une deuxième démarche.
L'entreprise refuse de me donner une attestation, que faire ?
Pour un stage universitaire, adressez-vous à votre encadrant enseignant et au service des stages de la faculté : la convention engage l'organisme d'accueil. Pour un stage hors convention, faites une demande écrite et déposez-la contre accusé de réception, en joignant un projet d'attestation déjà rempli : un refus est rare quand le travail de rédaction est fait.
Une attestation de stage peut-elle être rédigée en arabe ?
Oui. L'arabe est la langue officielle et une attestation rédigée en arabe est valable devant toutes les administrations algériennes. Pour un dossier destiné à l'étranger (études, visa), une version en français ou en anglais évite une traduction officielle, mais vérifiez les exigences de l'organisme destinataire.
Faut-il légaliser l'attestation de stage ?
Pour un usage en Algérie, l'original signé et cacheté suffit en général. Pour un dossier à l'étranger, certains organismes demandent une copie certifiée conforme ou une légalisation de signature auprès de l'APC : c'est le destinataire qui fixe l'exigence, pas la loi algérienne.
Un stage non rémunéré donne-t-il droit à une attestation ?
Oui. L'attestation prouve qu'un stage a eu lieu ; elle ne dépend pas d'une rémunération. Rien n'empêche l'organisme d'accueil de délivrer une attestation pour un stage volontaire, même court.
Que mettre dans « objet du stage » ?
Une phrase précise : le thème du mémoire, les tâches confiées ou le domaine (par exemple « la gestion des stocks et l'inventaire annuel »). C'est ce champ qu'un recruteur lit en premier pour juger de l'intérêt du stage.
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Ce guide est fourni à titre informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel du droit. Les exigences peuvent varier selon l’administration, la banque ou le consulat : vérifiez toujours auprès de l’organisme concerné.